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  Association des Amis de la CCE

La Lettre N° 104

La Lettre N° 104

ECLAIRAGE

L’avenir de la planète :

entre optimisme et pessimisme

 

La conférence de Paris de 2015 sur le climat s’est tenue du 30 novembre au 12 décembre au Bourget. Elle était la 21e rencontre des parties – d’où le nom de COP21 – à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, CNUCC.* La présidence française de la COP court jusqu’en novembre 2016, date à laquelle une nouvelle réunion sera convoquée au Maroc.

Des résultats occultés

Les résultats de la COP21 ont été en partie occultés par les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre. Le terrorisme nous a endeuillés et empêchés de tirer les conclusions de cet événement planétaire qui, en des temps plus calmes, eût été mieux mis en valeur. L’état d’urgence instauré à cette occasion en France, renforcé maintenant par les événements de Bruxelles, a orienté nos inquiétudes vers des préoccupations avant tout sécuritaires. La haine propagée par les extrémismes religieux se traduit un peu partout dans le monde, par la violence. La lutte contre le dérèglement climatique est l’un des rares thèmes autour duquel la population mondiale pourrait se rassembler.

Espoir et inquiétude

Dans ce contexte, les conclusions des réunions du Bourget suscitent à la fois espoir et inquiétude. Les contributions des quelque 196 pays signataires de cette convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques visent à la fois à atténuer les émissions de gaz à effet de serre et à adapter les conditions de vie aux changements climatiques.

L’accord de Paris proprement dit est un document de dix-sept pages ; il est le premier traité universel sur le climat. Ce qui est tout à fait exceptionnel c’est qu’il soit basé sur l’idée de coopération et non de concurrence. Il prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique mondial en dessous de 2° par rapport au niveau préindustriel. Son entrée en vigueur doit se faire à partir de 2017, après ratification par 55 pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre.

Il s’agit de diminuer ces émissions, puis dans la deuxième partie du 21e siècle, de limiter leur impact : plantation de forêts, stockage du carbone…

L’objectif de la COP21 est le bien-être général

Aucun des autres objectifs mondiaux – lutte contre la pauvreté, les maladies, la faim, pour la paix – n’avait jusqu’à présent engendré un tel consensus.

La ratification officielle par les chefs d’État doit s’effectuer le 22 avril 2016 aux Nations Unies à New York, mais pour la plupart des pays, il faudra ensuite obtenir un vote du parlement. L’Union européenne devrait le ratifier une fois que tous les États membres l’auront fait.                                                                                                       Il devrait entrer en vigueur à partir de 2017.

Des mesures prévues

En parallèle aux contributions nationales, des mesures transversales sont prévues : la plus importante consiste en une obligation pour les pays développés de mobiliser au moins cent milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à réduire leurs émissions ou accroitre les puits de carbone.

Ce qui s’est passé au Bourget en novembre et décembre 2015 est donc à bien des égards exceptionnel. Le projet est ambitieux, mais il subsiste beaucoup de mais

Un accord peu contraignant

L’accord n’est pas juridiquement contraignant. Les principaux émetteurs de gaz carbonique, États-Unis, Chine, Inde, Brésil, Canada et Russie représentent à eux seuls plus de la moitié des émissions. Ils sont censés réduire délibérément leur pollution carbone, sans que des mécanismes de mesures et de sanctions soient mis en place.

L’abandon de l’extraction des énergies fossiles ne fait pas partie des conclusions de la COP. L’Arabie Saoudite s’est opposée avec succès à toute mention relative au pétrole ou au charbon.

Alors qu’aujourd’hui le monde n’a pas encore atteint les 1°C, les épisodes climatiques plus ou moins dramatiques se multiplient : inondations, salinisation des terres arables, sécheresses… Elles engendrent insécurité alimentaire, déplacements de population, tensions sociales. Mais la révision à la hausse des engagements ne commencera qu’en… 2025 !

C’est tard.

À terme, la question est de savoir si la pression écologique conduira l’humanité à la sagesse. Sinon, il conviendra d’envisager la réactualisation du mythe de Noé…

 

Suzon Pikorki et Janina Cohen

 

* Et la 11e conférence des parties siégeant en tant que parties au protocole de Kyoto. Chaque année, cette conférence se réunit pour décider des mesures à mettre en place dans le but de limiter le réchauffement climatique.

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