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  Association des Amis de la CCE

La Lettre N° 110

La Lettre N° 110

LE BILLET

L’été 2017

Un été de femmes

La disparition de grandes dames telles que Simone Veil et Jeanne Moreau a dominé l’été 2017.

La première, ministre de la Santé de Jacques Chirac sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing restera dans l’Histoire pour avoir fait voter l’IVG. Elle est également celle qui fut la Présidente du premier Parlement européen, tout un symbole pour la rescapée d’Auschwitz qu’elle était. Son entrée au Panthéon avec son mari est une émouvante et jolie fin.

Le tourbillon de la vie de la seconde, de la Comédie française au TNP, du cinéma à la télévision, de devant à l’arrière de la caméra, en passant par la chanson, marque bien la diversité de son talent. Elle fut également une des signataires en 1971 de la pétition des « 343 salopes » en faveur de la liberté de l’avortement.

Le 8 juillet, lors de la réunion du G20, notre tout nouveau président a tenu des propos que certains ont qualifiés de racistes sur les femmes africaines. Il a dit : quand des pays ont encore aujourd’hui sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien… N’y a-t-il que les femmes africaines qui tirent l’Afrique vers le bas ? Où sont les hommes ?

Dommage que Claude Rich n’est pas été une femme. J’aurais bien aimé dire quelque chose à son propos.

Suzon Pikorki 5 août 2017

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ÉCLAIRAGE

Et si je veux huit enfants, monsieur M..., mon ventre, ma liberté

La critique d’Emmanuel Macron sur les sept à huit enfants par femme en Afrique est-elle un nouveau signe de néocolonialisme, une attaque inadmissible de la valeur Liberté ? Une jeune Burkinabé répond...

Ma liberté, comme maman me l’a dit, d’être excisée… 80% des filles au Mali
Ma liberté, comme papa l’a souhaitée, d’être mariée à treize ans… 43% des filles mariées avant dix-huit ans au Nigeria
Ma liberté, comme mon prêtre, mon imam l’ont voulu, d’ignorer toute contraception…
Ma liberté, comme mon État l’a édicté, de lutter contre l’IVG, comme en Pologne…
Ma liberté de pouvoir mourir en couches, mortalité deux cents fois plus élevée pour une Africaine que pour une Occidentale…
Mon analphabétisme, que je revendique…

Mais je viens d’entendre notre ministre de la Santé, le docteur Nicolas Meda, spécialiste de la santé reproductive et ministre au Burkina Fasso.


Alors, peut-être, ma liberté serait d’y prêter attention ?
Il dit que la maternité doit être le choix des femmes, de femmes sensibilisées par l’école, par des travailleurs sociaux parcourant les campagnes, par des messages audio dans leurs dialectes vers leurs mobiles, par un engagement clair de leur État.

Il dit que mon désir d’enfants peut être modifié, et d’ailleurs, mes amies de la ville ont moins d’enfants qu’il est coutume dans mon village – dans vingt ans, la moitié de la population africaine vivra en ville ; Kinshasa compte déjà quinze millions d'habitants.

Et vous, monsieur M..., si vous souhaitez ma liberté, peut-être pourriez-vous l’aider ; par exemple en essayant de convaincre nos élites, de nos pays, de notre belle Afrique, d’aider le docteur Meda.
Et peut-être, je l’entendrais, peut-être ...

PS : L’Afrique comptait 9% de la population mondiale en 1955, 17% aujourd’hui et probablement 25% en 2050, puis 40% en 2100.

Jean-Marc Cohen

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