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  Association des Amis de la CCE

"Les Toiles du 14"

Notre prochain rendez-vous des "Toiles du 14" se tiendra exceptionnellement le Mardi 15 mai 2018 , le 8 mai étant un jour férié, même lieu et mêmes horaires , début de la séance à 15h00, ouverture des portes 14h30.

A cette occasion nous projetterons un film français peu connu "L'acrobate" de Jean-Daniel Pollet, film de 1976 avec Claude Melki , disparu en 1994. Nous reviendrons la semaine prochaine plus en détail sur ce film, mais voici ce que disait de Claude Melki , son neveu et acteur Gilbert  Melki 

En 1994, un acteur disparaissait dans l'indifférence quasi générale. Pourtant, il n'est pas possible d'oublier Claude Melki si l'on a vu L'Acrobate ou L'amour c'est gai, l'amour c'est triste, les deux bijoux poético-burlesques de Jean-Daniel Pollet. Claude Melki n'était pas du tout comédien à l'origine mais apprenti tailleur, et Pollet l'avait repéré dans un bal.

Il semblait venir d'un film muet pour habiter timidement le ter­rain du cinéma parlant. L'acteur Gilbert Melki (La Vérité si je mens ! 2, Très bien, merci) se souvient de son oncle, homme aussi à part dans le cinéma que dans la vie.  

On a surnommé votre oncle le Buster Keaton de Saint-Denis. Se retrouvait-il dans cette comparaison ?
Oui, d'autant qu'il vouait une véritable admiration à Keaton. Quand il tournait, il entrait dans le champ de la caméra en exécutant un petit saut, comme le faisait toujours Keaton. C'était un clown atypique qui souffrait de son physique et compensait en jouant avec son corps. Il était très bon danseur, de tango en particulier, comme on le voit dans L'Acrobate. Et comme Léon, son personnage, il adorait les femmes et les séduisait à sa manière. Avec Jean-Daniel Pollet, ils étaient sur la même planète, la même longueur d'onde, en marge, hors du temps.  
Pourquoi sa carrière a-t-elle été confidentielle ?
C'était quelqu'un d'excessif, à fleur de peau, refusant d'être dans le système, mais souffrant aussi de n'être pas reconnu. Sur un plateau, je crois qu'il n'était pas facilement gérable, tellement loin de tout plan de carrière. Il aimait tant casser les codes qu'il pouvait faire peur, ou, en tous les cas, décontenancer. Il a tourné pour Jacques Demy dans L'Evénement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune, mais quand on le regarde dans le film, à côté de Deneuve et de Mastroianni, on s'aperçoit bien que c'est un ovni ! Et puis, il faut dire ce qui est, il était sans doute bien trop typé pour l'époque avec sa gueule de Maghrébin. Aujourd'hui, ce serait peut-être plus simple pour lui...  
Est-ce à cause de lui que vous avez eu envie d'être acteur ?
Il y a sûrement un lien, même si le voir aussi triste et sans le sou n'était pas très encourageant. Dans la famille, on s'inquiétait pour lui. Mes parents s'affolaient : « Tu veux faire comme Claude ?! » En fait, je voulais faire ce métier, mais pas comme lui. A la fin de sa vie, Claude m'appelait souvent. Il ne me répétait qu'un conseil, un seul : « Fais ton métier. » 

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