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  Association des Amis de la CCE

SAMUEL PATY

Le Conseil d'Administration de l'AACCE a décidé de publier sur notre blog l'article hommage à Samuel Paty, sauvagement assassiné le 16 octobre dernier par un terroriste islamiste. Cet article qui figure en page 2 de notre dernière "Lettre" n°126 du mois de novembre 2020, le voici ci-après:
 
Samuel Paty
Comment trouver les mots pour dire ce que nous ressentons ?
Les premiers qui viennent à l’esprit, quand la nouvelle de l’assassinat du professeur d’histoire, Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine le 16 octobre, est tombée, sont ceux de sidération, de choc et d’effroi.
Et pourtant nous avions déjà une certaine « accoutumance » ; les drames provoqués par l’islamisme radical en France, ont été multiples depuis le début de ce siècle et dernièrement rappelés par le procès se déroulant à Paris, à propos des attentats de 2015.
Bien sûr, nous avons tous d’emblée pensé à la famille de la victime et puis est venue la question du comment tout cela a-t-il été possible ?
A quel symbole s’est attaqué le tout jeune assassin ?
A l’heure présente l’enquête est en cours. Mais d’ores et déjà des
éléments apparaissent clairement. Samuel Paty, venait de faire un cours d’instruction civique sur la liberté d’expression (qui est au programme) à des élèves de 4ème. A cette occasion, il a « osé » montrer deux caricatures de Charlie Hebdo.
A partir de là, les réseaux sociaux se sont déchainés. Le père d’une élève du collège, d’une autre classe que celle de Samuel Paty, probablement un militant de la cause islamiste, a diffusé les données personnelles de l’enseignant. De facto, cela revenait à délivrer une véritable « fatwa » numérique contre lui. Le jeune meurtrier (18 ans) a bien compris qu’il fallait venger le prophète. Mais il est clair qu’il n’avait rien compris à notre pacte républicain et à la laïcité qui le fonde.
La liberté de croire et de ne pas croire
Les militants islamistes se comportent comme si les minorités religieuses étaient en France, persécutées comme elles le sont actuellement en Chine ou encore en Inde.
Leurs luttes prennent des formes multiples et insidieuses : associations caritatives (Frères musulmans), gestion d’organismes cultuels, en passant par l’enseignement, les clubs sportifs, l’entrisme syndical et peut- être et surtout par les réseaux sociaux.
Face à ce déploiement, comment faire comprendre que la laïcité est précisément conçue pour protéger les minorités ? Sans enseignement de la Liberté, il ne peut y avoir ni Égalité, ni Fraternité. Comment faire comprendre que la loi républicaine est supérieure à la loi religieuse, et que c’est elle qui nous permet de vivre ensemble ?
Notre responsabilité citoyenne est engagée, mais parfois nous hésitons, nous craignons de l’exercer. Dans le passé récent, il a y eu les « je suis Charlie mais...» façon d’exprimer que la publication des caricatures était perçue comme une provocation. Il faut expliquer sans relâche à ces timorés qu’il n’y a pas de «mais» qui tienne et que leur protection dépend de la loi républicaine. La tentation d’autocensure de certains enseignants, (il n’est guère aisé de leur en tenir rigueur) est parfois avérée. Seule la rigueur de la justice peut les en préserver. Plus généralement, notre manque global de lucidité face au développement de l’islamisme est en cause.
Une lueur d’espoir s’est faite jour avec la loi en préparation sur les « séparatismes ». Nous en ignorons encore le contenu exact et bien entendu les modalités d’application. L’institution en France de responsables des plateformes vers qui les citoyens pourraient se tourner rapidement, serait peut-être à même de calmer la toxicité de ces instruments.
Une dernière remarque à propos du drame de Conflans-Sainte-Honorine : deux jours après l’assassinat, un adorable gamin de 12 ans élève du Collège où enseignait Samuel Paty, est venu à la télévision (sur la 5), porter témoignage de ce qui s’était passé et de ses propres difficultés avec ses camarades qui n’admettent guère qu’il se dise athée.
Je me demande avec une certaine anxiété, si ce tout jeune témoin, d’une maturité exceptionnelle, ne court pas des risques et ne devrait pas être protégé.
Janina Cohen pour le Comité de rédaction de La Lettre et le Bureau de l’AACCE

 

 

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Lili 12/11/2020 18:42

Bonjour,
J'aurais aimé que ce sujet soit traité en nous demandant ce que nous, anciens de la CCE, avons appris et mis en pratique pour favoriser la liberté dans une société, pour ne pas être du côté de l'exclusion des autres.
Ce que nous avons appris à la CCE pour pouvoir nous positionner sur l'islam politique, l'islamisme, ses chevaux de Troie, et comment agir, réagir, à tous ces coups de boutoir dans la laïcité, laïcité qui permet aux musulmans de l'être en France, alors que les Juifs ne peuvent l'être dans des pays musulmans.
Je suis déçue que sur un tel sujet il n'y ait rien d"autre que ce qu'on a vu mille et mille fois dans les médias et les réseaux sociaux, sans même une analyse plus poussée, faisant entrer notre particularité d'anciens de la CCE.